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Traitement du syndrome de Gilles de la Tourette : CBIT, médicaments et soutien

Revu sur le plan clinique Dr. Sarah Boss, MD

Mis à jour le

Le traitement du syndrome de Gilles de la Tourette doit se concentrer sur les difficultés vécues par la personne, et pas simplement sur le fait de rendre les tics moins visibles pour les autres. Certaines personnes ont besoin d’informations et d’aménagements pratiques plutôt que d’un traitement actif des tics. Lorsque les tics provoquent des douleurs, une souffrance ou une gêne dans les activités, une thérapie comportementale spécialisée et des médicaments peuvent être utiles. La prise en charge doit également tenir compte d’un éventuel TDAH, d’un TOC, d’une anxiété ou d’autres besoins. Pour commencer, la question la plus utile est de savoir quel aspect de votre quotidien vous souhaitez améliorer et quel soutien pourrait vous y aider.

Décider ensemble si les tics nécessitent un traitement actif

Le professionnel de santé doit s’informer des douleurs, des blessures, des difficultés de concentration ou de participation aux activités, de la souffrance ressentie et des priorités de la personne. Un tic fréquent qui entraîne peu de difficultés ne nécessite pas forcément la même réponse qu’un mouvement occasionnel douloureux ou qui interrompt une tâche importante. L’American Academy of Neurology préconise une surveillance sans traitement actif lorsque les tics n’ont pas de retentissement fonctionnel, tout en discutant des possibilités de traitement selon les besoins et les préférences. [1]

Cette surveillance doit néanmoins s’accompagner d’explications, d’un soutien et de la possibilité de reprendre une prise en charge si les besoins évoluent. Elle ne signifie pas minimiser la situation de la personne, ni ignorer le harcèlement ou les obstacles liés à son environnement. Le guide de l’évaluation vous aide à préparer ces questions. Ne pas prescrire de médicament peut être un choix clinique réfléchi, et non la preuve que les symptômes ne sont pas réels ou qu’aucune aide n’est disponible.

En quoi consiste l’intervention comportementale globale pour les tics

La CBIT est une intervention comportementale structurée conçue pour les troubles caractérisés par des tics. Elle associe des techniques de renversement des habitudes à l’identification des situations qui influencent les tics et à des stratégies pour gérer ces situations. Un thérapeute formé aide la personne à reconnaître les signaux pertinents et à apprendre une réponse alternative adaptée. Cette intervention est plus spécifique que la relaxation générale ou un échange de soutien, et les données disponibles étayent son utilisation chez certains enfants et adultes. [1,2,3]

Le thérapeute doit expliquer le déroulement des séances, la manière dont les exercices seront adaptés et les modalités de suivi des progrès. La CBIT ne signifie pas que les tics sont volontaires et ne consiste pas à demander de contenir les symptômes en permanence par un effort constant. Le travail doit tenir compte de l’âge de la personne, de sa capacité à s’investir, de ses préférences et de ses tics particuliers. Évitez de reproduire les exercices du traitement d’une autre personne ou de remplacer l’accompagnement professionnel par une pression familiale.

Le renversement des habitudes et les autres approches comportementales

Le renversement des habitudes consiste à apprendre à repérer un tic ou le besoin ressenti qui lui est associé, puis à s’exercer à une réponse incompatible avec ce tic, dans le cadre d’un programme individualisé. L’exposition avec prévention de la réponse est une autre approche utilisée par certains services prenant en charge les tics. Ces méthodes doivent être choisies et expliquées par un professionnel ayant reçu une formation adaptée. Le seul intitulé d’une thérapie ne suffit pas à attester d’une expérience dans le traitement du syndrome de Gilles de la Tourette. [1,4]

Demandez comment le professionnel distingue le traitement des tics de celui des compulsions : ces manifestations peuvent se recouper, mais elles ne sont pas identiques. Les exercices doivent rester réalisables et correspondre à l’objectif convenu. Si un exercice provoque des douleurs, de l’incompréhension ou une pression excessive, parlez-en plutôt que de persister pour prouver votre engagement. Le but est de réduire les difficultés et de gagner en liberté au quotidien, et non d’exiger une immobilité ou un silence parfaits.

Quand envisager un traitement médicamenteux

Un traitement médicamenteux peut être discuté lorsque les tics ont un retentissement suffisamment important, qu’une thérapie comportementale n’est pas accessible ou ne suffit pas, ou que la situation clinique globale rend ce traitement approprié. Les possibilités comprennent des médicaments agissant sur différents systèmes de transmission des signaux. Le choix dépend de l’âge, des troubles associés, de la réponse aux traitements antérieurs et des effets indésirables. Aucun médicament n’est le meilleur pour tout le monde, et réduire les tics ne signifie pas nécessairement les faire disparaître. [1,2]

Demandez ce que le médicament proposé vise à traiter, quelle amélioration justifierait de le poursuivre et comment ses effets indésirables seront surveillés. Selon le médicament, une sédation, des effets sur la tension artérielle, des variations de poids ou des modifications métaboliques, ainsi que des effets indésirables touchant les mouvements peuvent être à prendre en compte. Le prescripteur doit expliquer la surveillance spécifique nécessaire. Cet article ne choisit pas de médicament, ne fournit pas de posologie et ne recommande pas de commencer, d’arrêter ou de modifier un traitement prescrit sans avis professionnel.

Traiter le TDAH, le TOC et l’anxiété selon leur propre retentissement

Les troubles associés peuvent avoir un retentissement plus important que les tics et nécessiter une prise en charge prioritaire. Le TDAH peut, par exemple, affecter les apprentissages et l’organisation quotidienne, tandis que le TOC peut s’accompagner d’obsessions et de compulsions sources de souffrance. Le professionnel doit évaluer ces besoins plutôt que supposer que toutes les difficultés disparaîtront avec l’amélioration des tics. Les traitements peuvent interagir : les responsabilités de chacun et les modalités de suivi doivent donc être claires. [1,2]

La présence de tics n’exclut pas automatiquement tous les médicaments du TDAH. Le prescripteur doit examiner les données pertinentes pour la personne, les bénéfices et les risques, plutôt que d’appliquer une règle générale. Nos guides du traitement du TDAH et du traitement du TOC expliquent ces prises en charge. L’objectif est un plan cohérent pour la personne, et non plusieurs programmes indépendants dont les recommandations se contredisent ou imposent un emploi du temps impossible à gérer.

Un soutien concret à l’école, au travail et à la maison

Des adaptations de l’environnement peuvent réduire les conséquences des tics, même lorsqu’ils persistent. Selon la situation, il peut s’agir de pauses, d’autres modalités pour réaliser un travail écrit ou d’explications communes destinées aux personnes qui côtoient régulièrement la personne concernée. Celle-ci doit participer aux décisions sur les informations communiquées. L’accès à une aide ne doit pas être conditionné au fait de démontrer d’abord sa capacité à cacher ses symptômes. [2,4]

Pour un enfant, les enseignants peuvent avoir besoin de comprendre qu’un tic n’est pas un comportement fautif. Pour un adulte, discuter d’un obstacle précis au travail peut être plus utile que de communiquer un long historique diagnostique. Les aménagements exacts dépendent des procédures locales et du contexte. Une recommandation pratique doit préciser la difficulté et le changement qui pourrait aider, plutôt que d’indiquer simplement que la personne a besoin d’un environnement bienveillant.

Des habitudes utiles, sans culpabiliser la personne

La fatigue et le stress peuvent influencer les symptômes. Le sommeil, les activités agréables et des exigences adaptées peuvent donc avoir leur place dans la prise en charge. Ce ne sont pas des remèdes universels, et une augmentation des tics ne doit pas être attribuée à une incapacité à rester calme. Il n’est pas toujours possible d’éliminer les pressions scolaires, professionnelles ou familiales. Le soutien doit porter sur des changements réalistes, en les distinguant du travail clinique spécifique utilisé pour traiter les tics. [2,4]

Les proches peuvent demander comment réagir sans attirer constamment l’attention sur les symptômes. Les encouragements doivent porter sur les objectifs convenus, plutôt que de valoriser uniquement les périodes sans tics. La présentation de notre service de soutien aux familles décrit un espace distinct consacré aux questions des proches et aux limites à poser. Ce soutien ne doit pas transformer les proches en thérapeutes sans formation ni leur confier la responsabilité de faire respecter des exercices en dehors du plan de soins.

Les options spécialisées pour les formes particulièrement sévères

Certaines personnes présentent des tics sévères ou persistants malgré une prise en charge initiale adaptée et peuvent avoir besoin d’une réévaluation dans un service spécialisé. Le professionnel peut réexaminer le diagnostic, les troubles associés, les traitements déjà reçus et les contraintes des interventions précédentes. Certains traitements ciblés ou, chez un petit groupe d’adultes sélectionnés, des options neurochirurgicales peuvent être envisagés par une équipe spécialisée pluridisciplinaire. Il ne s’agit pas de démarches habituelles de première intention. [1,4]

La présence de ces informations dans un article pédagogique ne signifie pas que VAYEMA propose ces interventions. L’orientation doit reposer sur une expertise adaptée et une discussion attentive du rapport bénéfices-risques. Une offre de soins ambulatoires plus étendue n’équivaut pas à un traitement neurologique spécialisé. Demandez ce que l’orientation proposée doit permettre de clarifier et comment les soins seront coordonnés, plutôt que de supposer que l’option la plus intensive ou la plus coûteuse est automatiquement la plus appropriée.

Évaluer les résultats qui comptent pour la personne

Les progrès peuvent se traduire par moins de douleurs, une participation plus facile aux activités, moins d’interruptions d’une tâche importante ou une diminution de la souffrance liée aux tics. La fréquence des tics ou une échelle clinique peuvent contribuer à l’évaluation, mais aucune ne doit être le seul critère. Un symptôme visible peut persister alors que le quotidien s’améliore. À l’inverse, une diminution du nombre de tics ne justifie pas forcément un traitement si ses effets indésirables ou les contraintes des exercices sont inacceptables. [1]

Convenez d’un moment pour faire le point et décrivez à la fois les bénéfices et les difficultés. Les traitements médicamenteux doivent être réévalués régulièrement, et toute réduction ou tout arrêt doit être supervisé par le prescripteur. Les stratégies comportementales peuvent également nécessiter des ajustements lorsque les tics ou les circonstances évoluent. Vous devez pouvoir questionner le plan de soins sans que l’on vous dise que des progrès limités prouvent un manque d’effort. Une réévaluation attentive fait partie du traitement ; ce n’est pas un signe d’échec.

Trouver le point de départ adapté

Le guide pour comprendre le syndrome explique les caractéristiques des tics et le diagnostic. Dans le cadre de soins programmés, un échange avec VAYEMA au sujet d’une évaluation peut aider à préciser l’expertise professionnelle adaptée et la nécessité éventuelle d’une orientation spécialisée. La disponibilité de la CBIT, les critères d’âge et le périmètre des soins neurologiques ou de la prescription doivent être confirmés. Certains suivis comportementaux peuvent se faire à distance lorsque cela convient, mais il ne faut pas supposer qu’ils remplacent tous les examens nécessaires.

Préparez quelques exemples de l’impact des tics sur votre vie et de ce pour quoi vous souhaitez le plus être aidé. Vous n’avez pas besoin de passer d’abord un test en ligne. Des symptômes neurologiques nouveaux ou évoluant rapidement, une blessure importante ou toute autre urgence médicale nécessitent des soins directs adaptés, sans attendre une réponse à une demande de renseignements habituelle. Un accompagnement ambulatoire programmé est différent d’une réponse à une urgence, et le service doit préciser clairement ses modalités de contact.

Questions fréquentes sur le traitement du syndrome de Gilles de la Tourette

Toutes les personnes ayant un syndrome de Gilles de la Tourette ont-elles besoin d’un traitement ?

Pas nécessairement. Lorsque les tics ont peu de retentissement, des informations, un soutien pratique et un suivi peuvent suffire. Un traitement actif peut être envisagé lorsque les symptômes provoquent des douleurs, une souffrance ou une gêne dans les activités, ou lorsque la personne souhaite en discuter. La décision doit tenir compte de son vécu, et pas seulement de la visibilité des tics pour les autres.

La CBIT consiste-t-elle simplement à demander d’arrêter un tic ?

Non. La CBIT est une intervention structurée menée par un professionnel formé, avec des techniques choisies individuellement et une attention portée aux situations pertinentes. Elle ne suppose pas que les tics sont volontaires. Exiger de rester immobile ou multiplier les critiques ne remplace pas un traitement comportemental fondé sur les données scientifiques.

Les médicaments peuvent-ils faire disparaître tous les tics ?

Les médicaments peuvent réduire le retentissement des tics chez certaines personnes, mais leur disparition complète n’est pas garantie. Les bénéfices doivent être mis en balance avec les effets indésirables et les objectifs de la personne. Un professionnel habilité à prescrire doit expliquer la surveillance et le suivi. Ne modifiez pas un traitement prescrit sur la base d’une description en ligne ou de l’expérience de traitement d’une autre personne.

Puis-je être accompagné pour un TDAH en plus de mes tics ?

Oui. Les deux doivent être évalués selon leur retentissement, et leur prise en charge doit être coordonnée. Les tics n’excluent pas automatiquement tous les médicaments du TDAH, mais toute prescription nécessite une évaluation individuelle. Le professionnel doit expliquer quels symptômes chaque partie du plan vise à traiter et comment les éventuels changements seront surveillés.

Les proches doivent-ils signaler chaque tic à la personne ?

Attirer constamment l’attention sur les tics peut ajouter de la pression. Demandez à la personne et au professionnel qui la suit quelle réaction est utile. L’implication de la famille doit soutenir les objectifs convenus sans devenir un contrôle permanent ou une punition. Des aménagements pratiques et de la compréhension peuvent être plus utiles que des rappels incessants à maîtriser les symptômes.

Que faire si un premier traitement n’a pas aidé ?

Demandez une réévaluation du diagnostic, de l’approche thérapeutique, de ses modalités de mise en œuvre, des troubles associés et des effets indésirables. Une autre expertise ou un service spécialisé peut être indiqué. La réponse ne doit pas être automatiquement davantage de séances du même type, sans expliquer ce qui change et pourquoi.

Ressources et références

[1] Recommandations de pratique clinique de l’AAN : traitement des tics dans le syndrome de Gilles de la Tourette et les troubles tics chroniques

[2] CDC : traitement du syndrome de Gilles de la Tourette

[3] CDC : un traitement comportemental efficace pour les tics

[4] NHS : traitement des tics

Découvrir les approches plus en détail

Comprendre le déroulement des séances et les situations auxquelles les données probantes s’appliquent. Ces liens informatifs sont classés par ordre alphabétique ; ils ne constituent ni des recommandations de traitement hiérarchisées ni une confirmation de disponibilité locale.

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